Les footballeuses australiennes obtiennent l'égalité salariale, à quand le reste du monde ?

Les footballeuses australiennes obtiennent l'égalité salariale, à quand le reste du monde ?

La revendication qu'elles n'avaient cessé de clamer au fil des années est désormais un acquis bel et bien réel

Les footballeuses de l’équipe nationale australienne, les Matildas, viennent d’obtenir l'égalité de salaire avec leurs homologues masculins. La revendication qu'elles n'avaient cessé de clamer au fil des années est désormais un acquis bel et bien réel, suite à un accord conclu avec la Fédération australienne de football (FFA), le 6 novembre dernier.

Cet accord permettra aux joueurs de l’équipe nationale masculine et féminine de percevoir 24 % des recettes collectées par les deux sélections. Sur ce montant, les joueurs devront en reverser 5 % aux équipes nationales de jeunes. Comme gratifications, si l'une des équipes réussit à se qualifier pour une Coupe du monde, elle pourra toucher 30 % à 40 % des recettes collectées, et désormais, les joueuses se déplaceront à l’étranger en classe affaire, à l'instar des joueurs.

Le directeur général des footballeurs professionnels australiens, John Didulica, a qualifié cet accord de contrat «unique» dans le monde du football. «Nous pensons qu’il servira d’exemple à toutes les fédérations et tous les joueurs, aussi bien hommes que femmes, et leur permettra de profiter de l’incroyable opportunité sociale et commerciale que représente notamment le football féminin», a-t-il déclaré. Cet accord survient quelques mois après la Coupe du monde féminine, lors de laquelle l'écart, non seulement des salaires mais aussi des primes, entre joueurs et joueuses avait beaucoup fait parler.

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Il est vrai que les primes offertes par la FIFA aux équipes participantes au Mondial féminin ont doublé en quatre ans, mais  la différence avec celles perçues par leurs homologues masculins est de taille. Ainsi, lors du Mondial féminin 2019, l'enveloppe des primes allouées par la FIFA a doublé, passant de 13,3 millions d'euros à 26,6 millions d'euros. L'écart est abyssal avec les primes allouées lors du Mondial masculin en Russie, où le budget de ces gratifications  a été augmenté de 317,9 à 355,2 millions d’euros.

Autre cas de figure pour illustrer cet écart, l'équipe australienne, sixième au classement féminin de la FIFA, aurait touché 3,5 millions d’euros si elle avait remporté le Mondial féminin 2019, alors que par exemple, leurs homologues masculins touchent le double en se qualifiant seulement au Mondial, et bien plus après une victoire. 

D'ailleurs, cet écart salarial est l'une des raisons qui font stagner l'évolution du football féminin, et plus particulièrement dans les pays arabes. Face à des rémunérations chétives, les joueuses sont obligées de trouver un deuxième travail pour pouvoir s'assurer une stabilité financière, contrairement aux hommes qui, eux, peuvent se consacrer complètement au football, aux entrainements, aux matchs et sont assez bien payés pour en vivre confortablement.

La question de l'égalité salariale n'est pas qu'une question de SMIC. C'est aussi une question de commercialisation majeure. Les compétitions féminines sont vues comme ayant un potentiel commercial moindre, chose que la dernière Coupe du Monde féminine a réussi à contredire, en battant les records d'audience lors de la retransmission de matchs. Ainsi, peu de sponsors, d'organisateurs d'événements, de fédérations et même de gouvernements mettent le paquet lorsqu'ils investissent dans un événement féminin. 

En tout cas, maintenant que l'égalité salariale minimum a été garantie pour l'équipe australienne de football, espérons que le message trouve écho dans les esprits d'autres fédérations.

Légende image principale: L'égalité homme-femme concerne désormais le football australien.

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