Les Iraniennes seraient finalement autorisées à assister aux matchs dans les stades

Les Iraniennes seraient finalement autorisées à assister aux matchs dans les stades

Quand le football devient une affaire de mœurs

C'est une nouvelle qui a réjouit toutes les fans féminines de football. La FIFA a annoncé que les Iraniennes pourraient être autorisées à assister aux matchs de football dans les stades, et ce, après en avoir été bannies pendant 40 ans, depuis la révolution islamique.

Les autorités iraniennes n'ont encore rien annoncé, mais le président de la FIFA, Gianni Infantino, a déclaré que Téhéran lui "a assuré qu'à partir du prochain match international en Iran, les femmes seraient autorisées à entrer dans les stades de football", en marge d'une visite d'une délégation de la FIFA à Téhéran.

Cette révolution sociétale intervient au moment où des milliers de femmes se sont soulevées, suite au suicide d'une jeune supportrice de football, Sahar Khodayari, en s'immolant par le feu, après qu'on lui ait refusé l'accès à un stade de football.  

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Les Iraniennes n'ont plus remis un pied dans les stades de football depuis 1979. La révolution islamique qui a endoctriné le pays a fortement baffoué annulé plusieurs libertés des femmes iraniennes. Les autorités religieuses ont estimé que la présence des femmes était malvenue parmi les hommes, et qu'il fallait les protéger l' "atmosphère masculine"  des stades et de la "vue d'hommes à moitié dévêtus". Cette interdiction n'avait rien de juste, et encore moins d'équitable.

Pour faire preuve de bonne foi, nous voudrions bien croire, que dans un pays comme l'Iran, où les abus sexuels sont très fréquents, "protéger les femmes de l'atmosphère masculine" figurait peut-être comme une solution bienveillante aux yeux de ceux qui l'ont décidée. C'est pourtant un schéma patriarcal curieusement récurrent. Là où on ne contrôle pas nos hommes, on cloitre nos femmes.

Cette règle a été enfreinte par un bon nombre d'Iraniennes, qui se déguisaient en garçons pour rentrer à l'intérieur d'un stade. C'était le cas pour Sahar Khodayari, dont la couverture a été découverte à l'entrée du stade. L'affaire ne s'est pas arrêtée là. Non seulement Sahar n'a pas pu accéder aux matchs, mais elle a également été condamnée à 6 mois de prison par le tribunal de Téhéran, il y a deux semaines, chose qui l'a poussée au suicide. Son acte n'était plus une affaire de loi, ou une simple infraction, c'était désormais une affaire de moeurs, celle d'une femme qui osait entraver un sanctuaire masculin, qui osait quitter sa condition de femme dans tout son sens social et juridique en Iran.

Sahar peut se dire, de là où elle se trouve, que son combat n'a pas été du gâchis. L'Iran doit accueillir l'équipe du Cambodge le mois prochain, dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2022. En attendant que les autorités iraniennes confirment les propos d'Infantino, des centaines d'Iraniennes se réjouissent enfin de pouvoir enfin encourager leur équipe favorie dans les stades.

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