Portrait: Il était une fois, la Perle Noire

Portrait: Il était une fois, la Perle Noire

L'histoire du football marocain serait moindre sans l'existence de sa plus grande légende, Larbi Ben Barek, connu sous le surnom de la perle noire, en France, et du sobriquet, le pied de Dieu, en Espagne. Retour sur le parcours et la vie d’un être exceptionnel rendant encore fier notre pays.

Né le 16 juin 1914, 1916 ou 1917, lui-même ne l'ayant jamais réellement su, Larbi Ben Barek a grandi dans le quartier de La Ferme Blanche, à Casablanca, élevé uniquement par sa mère en raison de la mort prématurée de son père.

Très jeune, il forme une équipe de quartier, le Football Club El Ouatane, avec laquelle il joua entre 1928 et 1930.

4 ans plus tard, il effectua des débuts remarqués contre l'USM de Casablanca, triple vainqueur du championnat d'Afrique du Nord, qui le recrutera l'année d'après.

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Mais le destin allait se jouer un jour d'avril 1937, lors d'un match amical entre le Maroc et l’équipe de France B, l'occasion de retrouver les exploits de Larbi dans la presse métropolitaine. Et inciter l'Olympique de Marseille à s'attacher ses services en juin 1938. Avec le club phocéen, le natif de Casablanca mit 5 mois avant d'être sélectionné en équipe de France, une carrière internationale qui durera 15 ans et 10 mois. Un record encore inégalé en la matière.

À cause de la Seconde Guerre mondiale, Larbi Ben Barek dut se résoudre à rentrer au Maroc et à jouer pour le Wydad de Casablanca. Et attendit 1945 avant de revenir dans l'Hexagone, la séduisante proposition sportive du Stade Français étant beaucoup trop irrésistible et surtout conduite par Helenio Herrera, un illustre argentin ayant débuté sa carrière au RC Casablanca.

Mais cette prestigieuse formation vola en éclats et Ben Barek s'exila en Espagne, en 1948, à l'Atletico de Madrid. Pour 17 millions de francs de l'époque, le transfert le plus important en Espagne à ce moment-là. En 5 saisons passées chez les colchoneros, Larbi remporta notamment deux titres de champion d'Espagne (1950 et 1951).

Avant de retourner à Marseille pour 2 saisons (1953-55) et être appelé une dernière fois chez les bleus (1954) pour un match contre l'Angleterre.

Sa carrière d'entraîneur bien moins prestigieuse, ne concerne que 3 équipes : l’USM Bel Abbès, le FUS et la Renaissance Sportive de Settat, qu'il quitta en 1972.

20 ans après, Larbi Ben Barek meurt comme il a grandi, dans la solitude. Il aura fallu une semaine pour découvrir son corps. Il recevra cependant à titre posthume la médaille de l'Ordre du Mérite décernée, le 8 juin 1998, à Paris, par la FIFA.

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De son vivant, il a reçu beaucoup d'éloges et non des moindres. Notamment de la part de Pelé qui n'a pas hésité à déclarer que s’il était considéré comme le roi du football, Ben Barek en était tout simplement le dieu.

Ce qui ne l'empêchera pas de rester simple et digne, surtout face au racisme qu'il a subi tout le long de sa carrière. Et auquel il aura répondu avec la plus grande indifférence. Et intelligence. Une attitude à suivre encore aujourd'hui.

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