À quand la nouvelle ère ?

À quand la nouvelle ère ?

Découvrir l'histoire de notre équipe nationale est une nécessité pour construire son avenir. De transition en transition, l'équipe nationale de football a vécu des événements intenses, tantôt triomphante, tantôt abattue.

A quand remonte la dernière fois que notre équipe nationale de football a suscité l’engouement et la ferveur du grand public ? Difficile de se remémorer un évènement aussi ancien que la CAN 1976 ou les huitièmes de finale d’une Coupe du monde de football organisé en 1986 au Mexique. Vous l’avez sans doute compris, cela fait des lustres que nous n’avons pas vibré au rythme du ballon rond. De désillusion en désillusion, l’équipe nationale n’a jamais su se stabiliser, elle s’est adonnée à une vague de changements improductifs suscitant le courroux et l’indignation de ses fervents supporters.

La CAN de 2004 aurait dû être un tremplin pour les « Lions de l'Atlas », sauf que l’histoire en décidera autrement. Composée de joueurs brillants, l’équipe nationale proposait un jeu fluide et efficient, avec une attaque guidée par un Youssef Hadji opportuniste et un Jawad Zairi esthète au paroxysme de son art, les Marocains étaient ravis de leurs représentants qui symbolisaient réellement le surnom de notre nation en terrorisant leurs adversaires et se sont hissés aisément jusqu’à l’épreuve finale. Néanmoins, les Aigles de Carthage se sont avérés plus sémillants que les Lions de l’Atlas. Nous étions ravis de la prestation, et surtout optimistes pour le futur.

Néanmoins, le Maroc va dérailler, et la longue période 2005-2016 va être synonyme d’un interminable calvaire. Elimination à la CAN 2006 où le Maroc fut éconduit au premier tour et ne pourra pas, tout au long de cette période néant, se qualifier à la phase finale des CAN qui suivent. Concernant la Coupe du monde, ce n’était plus un objectif comme naguère, mais plutôt une vaine espérance. Le corps footballistique prévariquait et la responsabilité ne trouvait pas de mains tendues prêtes à l’assumer. Des dirigeants verbeux qui nous ensevelissaient sous leurs promesses ternes de résultats, il faut dire que nous avions vécu toutes les débauches et les malversations dont peut souffrir un pays qui respire le football, la conséquence fut telle que nous étions sombrés dans une phobie et une dérive pessimiste.

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En 2016, je fus ravi par la venue de Mr Hervé Renard, le double champion d’Afrique, la figure salvatrice que nous attendions de pied ferme. L’équipe s’est métamorphosée, une lueur d’espoir commençait à paraître et le pays a répondu présent afin d’impulser ce projet. Le jeu proposé par Renard était très convaincant, seul aspect défaillant notable, l’efficacité devant les cages adverses. Ce manque de réalisme va tout anéantir. Une CAN 2017 très musclée où le Maroc s’en sort in-extremis mais continue de proposer un jeu dynamique et remarquable, il se fera rattraper pour son manque de réalisme et l’Egypte le punira en quarts de finale. Après avoir réalisé le rêve d’une nation, Hervé Renard se fera, encore une fois, éliminé cruellement de la Coupe du monde 2018 par un flagrant manque de réalisme que le Portugal de Cristiano Ronaldo et l’Espagne ne lui pardonneront point. Renard sera fortement critiqué pour son penchant envers les joueurs évoluant à l’international, sa gestion très radicale de certains joueurs (S.Boufal) ainsi que son insouciance par rapport au poste de buteur qui a toujours avachi les chances du Maroc. Durant la CAN 2018, son élimination face au Benin lui sera fatidique. Le Maroc, encore et toujours, se retrouve dans une dynamique transitoire effroyable qui ne présage qu’un désespoir récalcitrant.

A ce jour, c’est le franco-bosnien Vahid Halilhodžić qui tient les rennes de l’équipe nationale. Fraîchement arrivé de Nantes, Vahid se montre concis dans ses paroles. Il avoue avoir déjà préétablit une liste et rappelle qu’il connait la BOTOLA, pour avoir gouverné le Raja de Casablanca pendant une année, un rappel synonyme de sa confiance envers les joueurs locaux, chose que son prédécesseur n’avait jamais envisagé. Connu pour sa rigueur et son dévouement, Vahid est un coach qui a fait ses preuves à l’international, souvenez-vous du fameux match opposant l’Algérie à l’Allemagne pendant la Coupe du monde édition 2014, un match où Vahid a failli réussir l’impensable en éliminant les favoris et futurs champions ! Il dispose d’une large expérience européenne, surtout en France où il a coaché le PSG et le LOSC, ainsi qu’en Croatie avec une période passée au sein du fameux Dynamo Zaghreb. On peut ajouter à cela sa saison exceptionnelle au RCA en réussissant un doublé CAF et BOTOLA. Selon mon humble opinion, tous les critères convergent vers un même constat : Il s’agit d’un entraîneur aguerri qui serait le premier à allier entre les joueurs locaux et les joueurs à l’internationale. C’est un facteur clé qui pourrait déterminer une nouvelle philosophie au sein de l’équipe nationale. Cette accointance est-elle réellement l’unique facteur qui nous achoppait pendant tout ce temps ?

Il va falloir énormément de temps et de travail à Vahid pour gagner notre confiance, et nous sommes dans notre plein droit. Après avoir vécu autant de déceptions, nous ne pourrons octroyer à l’équipe nationale notre confiance qu’avec un apport concret. Notre soutien est intrinsèque, mais notre confiance est le plus grand match qu’ils devront disputer et GAGNER.

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