Ces équipes sont arrivées en finale mais n'ont jamais gagné la Coupe du Monde

Ces équipes sont arrivées en finale mais n'ont jamais gagné la Coupe du Monde

Malgré des joueurs brillants et des parcours magnifiques, certaines sélections n'ont pas réussi à gravir la dernière marche pour atteindre la consécration ultime du football mondial.

La Suède 1958 et la Croatie en 2018, une ultime marche trop haute

Évidemment, il est difficile de comparer deux épopées ayant eu lieu à 60 ans d'intervalle. Par exemple, la Suède avait pu profiter du fait de disputer la compétition à domicile. Cependant, à travers ces deux aventures, les sélections ont accompli des performances historiques pour leur pays. Par ailleurs, ces formations présentaient chacune une génération dorée. Modric, Rakitic ou Mandzukic d'un côté, Skoglund, Liedholm et Gren de l'autre. Les deux équipes ont aussi réalisé des parcours exemplaires. En effet, les Scandinaves avaient terminé en tête d'un groupe comprenant la Hongrie (finaliste 1954) puis avaient éliminé l'URSS et l'Allemagne (victorieuse quatre ans plus tôt). La Croatie, elle, avait également fini première de sa poule devant l'Argentine (finaliste 2014) avant de venir à bout du Danemark, de la Russie et de l'Angleterre, à chaque fois en prolongation. 

Malheureusement, dans les deux cas tous les espoirs ont été anéantis en finale par de véritables armadas. En 1958, la Suède est terrassée par la dream-team brésilienne composée de Gilmar, Djalma Santos, Garrincha, Zagallo et d'un certain Pelé. De même, les Croates se sont inclinés face à une machine française que rien ne semblait pouvoir arrêter et portée par des pièces maîtresses comme Lloris, Varane, Pogba, Griezmann ou Mbappé. Ainsi, ces deux générations dorées auront fait vibrer leurs compatriotes jusqu'au bout. Avant de tomber sur une dernière marche tout simplement trop haute.

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La Tchécoslovaquie en 1934, le poids de la politique et de l'histoire

En 1962, la sélection tchécoslovaque atteint la finale de la Coupe du monde pour la seconde fois. Cependant, cette dernière ne peut rien faire contre une équipe brésilienne sublimée par un Garrincha exceptionnel. Quelques années plus tôt, le pays d'Europe centrale avait déjà réussi à se hisser à ce stade de la compétition. C'était en 1934, en Italie. La fête du football est alors organisée sur un territoire particulièrement marqué par la montée du fascisme avec la présence au pouvoir de Mussolini. Le Duce n'aime pas vraiment le ballon rond mais va l'utiliser à des fins politiques. Ainsi, il intervient directement sur l'issue des rencontres. Les victoires sur l'Espagne ou l'Autriche sont par exemple entachées de décisions arbitrales incompréhensibles. De son côté, la Tchécoslovaquie vient à bout de la Roumanie, de la Suisse et de ... l'Allemagne.

Néanmoins, en finale, la sélection a beau s'avancer avec le costume de favori, les deux équipes ne disputent pas le même match. La veille, le dictateur envoie un télégramme aux joueurs de la Squadra Azzura : "Bonne chance pour demain. Vous gagnez ou vous mourrez". Le jour J, le général Vaccaro en remet en couche "Je ne sais pas comment, mais l'Italie doit gagner ce championnat. C'est un ordre ! " Les coéquipiers de Giuseppe Meazza s'imposeront au forceps 2-1. Un succès qui prive la génération tchécoslovaque de la consécration. Surtout, en faisant du sport un objet de propagande, cette victoire symbolise la conquête inexorable du totalitarisme. 

 

La Hongrie en 1954, la défaite inexplicable

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À l'instar de l'exemple précédent, la Hongrie a atteint la finale de la Coupe du monde à deux reprises : en 1938 et en 1954. Lors de la seconde, la chute du "onze d'or" reste probablement l'une des plus inexplicables de l'histoire de la compétition. En effet, cette magnifique génération est portée par des joueurs brillants comme Puskas ou Kocsis. De plus, jusqu'au bout (ou presque) la sélection réalise un sans-faute. Ainsi cette dernière atomise la Corée du Sud (9-0) et l'Allemagne (8-3) en phase de groupes puis dispose du Brésil en quarts et de l'Uruguay en demi à chaque fois sur le score de 4-2. 

L'équipe se hisse donc logiquement en finale où elle retrouve ... les Allemands. Elle reste alors sur 31 matchs consécutifs sans défaite. Les Hongrois partent largement favoris. D'ailleurs ils mènent rapidement 2 à 0. Puis, la RFA se réveille, réduit la marque, égalise et passe devant à six minutes du terme. Puskas pense ramener les siens dans la partie mais son but est refusé pour un hors-jeu discutable. Quelques secondes plus tard, l'arbitre siffle la fin de la rencontre. À la surprise générale la Hongrie est à terre. Certains parleront de ce jour comme du miracle de Berne. Pourtant en 2010, une étude révèle que les vainqueurs s'étaient dopés. Une information qui vient renforcer le côté tragique de la défaite de cette fabuleuse génération. 

 

Les Pays-Bas, la sélection maudite 

Trois, c'est le nombre de finale de Coupe du monde disputé et perdu par les Pays-Bas. La première intervient en 1974. Les Oranje sont alors emmenés par un Johan Cruijff au sommet de son art. Plus largement, les Hollandais sont en train de révolutionner leur discipline avec leur fameux football total. Cette approche est appliquée à merveille par les joueurs qui se hissent jusqu'en finale. En face se dresse l'Allemagne de Muller et Beckenbauer. Réaliste, la Manschaft domine les favoris et réduit à néant leurs espoirs de consécration. Quatre ans après, la sélection développe encore le jeu le plus agréable de la compétition et atteint de nouveau l'ultime marche. Mais cette fois, l'Argentine se dresse entre les Néerlandais et le fameux trophée Jules Rimet.

Puis en 2010, les Pays-Bas sont portés par une belle génération et notamment par un Wesley Sneijder irrésistible. Pour cette édition, l'équipe adopte une attitude plus pragmatique. Cela paye puisque le groupe vient à bout de ses différents adversaires. Sur la route du sacre, demeure un seul obstacle : l'Espagne, dont le jeu de possession a étourdi l'ensemble des observateurs. Lors des prolongations, Arjen Robben manque un duel décisif face à Casillas. Quelques secondes plus tard, Iniesta propulsait le ballon au fond des filets, offrant à la Roja sa première étoile. Ainsi, les Oranje semblent tout simplement maudits. Dernière preuve en date, en 2019, la sélection féminine s'est à son tour inclinée en finale du mondial face à l'ogre américain. 

 

Légende image principale: Robben vient de perpétuer la malédiction qui plane au dessus des Pays-Bas (Source : www.espn.com)

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