Hooliganisme au Maroc, jusqu'à quand ?

Hooliganisme au Maroc, jusqu'à quand ?

Après les évènements du 12 février dernier, il est peut-être temps de se réintéresser à un fléau qui tue à petit feu le football marocain : le hooliganisme.

Nous sommes le 12 février 2020. Au complexe sportif prince Moulay Abdellah, le match opposant le Raja à l'AS FAR a déjà commencé. Plus que quelques minutes avant le coup de sifflet final. L'AS FAR remporte finalement la victoire 1 but à 0. Jusqu'ici tout va bien, mais le vrai match va commencer à 19h, à l'extérieur du complexe. Les "supporters" des deux équipes décident d'exprimer leur joie, ou colère, dans les rues d'une pauvre capitale qui n'a rien demandé. Là, le chaos commence. Jets de pierre, bagarres, fumigènes, dégradation de biens publics, port d'armes blanches, le constat est alarmant. La soirée du 12 février s'est avérée être un cauchemar aussi bien pour la capitale que pour le sport marocain. Bilan de ce mercredi noir : trois policiers et deux éléments de la protection civile blessés à différents degrés, 22 supporters légèrement blessés, 19 véhicules de la Sûreté nationale, un camion de la protection civile et une ambulance endommagés, en plus de six véhicules appartenant à des particuliers. Suite à ces actes, un communiqué du ministère de l’intérieur a annoncé l'arrestation de 13 personnes pour leurs implications présumées.

Cet incident vient à nouveau entacher le milieu sportif marocain, surtout footballistique. À savoir que le Maroc a déjà été sujet à plusieurs autres problèmes du genre, à l'exemple des événements du 13 janvier 2019 lors du match opposant le Kawkab de Marrakech à l’Olympique de Safi ou encore ceux de février de la même année entre les supporters du Mouloudia d’Oujda et de la Renaissance de Berkane. Face à de tels débordements, les arrestations sont-elles suffisantes ? Peuvent-elles mettre fin à de tels actes ?

Et bien il faut dire que le Maroc essaie, du mieux qu'il peut, de contrer ce phénomène. Plusieurs mesures pénales ont été revues afin de consolider les sanctions en cas d'actes de violence. Une brigade spéciale chargée d’assurer la sécurité dans les événements sportifs  a été créée pour accompagner les fans des clubs lors de leurs déplacements dans les différentes villes et éviter les confrontations avec les fans des équipes adverses. Le côté sensibilisation a également sa part puisque le pays a lancé des campagnes auprès des supporters pour les sensibiliser à la gravité de ce phénomène et à ses répercussions.

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C'est sur ce dernier point en particulier qu'il convient de s'arrêter. Pour mettre un terme à ce problème, les supporters doivent tout d'abord se rendre compte et comprendre la gravité de leurs actes et leurs répercussions. Cela se fait par la discussion, la parole, l'échange. Il faut les sensibiliser, les civiliser, les rendre plus responsables vis-à-vis de leurs actes.  Les mesures pénales sont tout aussi importantes, mais ne sont pas suffisantes pour traiter le problème en fond. Un supporter arrêté pour vandalisme peut très bien refaire le même acte après sa libération. Il faut avant tout qu'il comprenne ce qu'il a fait pour arrêter. L'éducation est aussi un élément non négligeable. Il faut savoir que les mineurs constituent une très grande partie des supporters. Il sont donc des acteurs importants en matière de hooliganisme. Sensibiliser ces jeunes pousses contribuera à toucher une grande partie des supporters et par conséquent réduire progressivement ce fléau. Cela doit se faire au niveau de toutes les instances ayant le pouvoir d'intervenir, la famille et l'école en particulier. À bon entendeur..

Légende image principale: leseco.ma

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