L'immigration clandestine des sportifs, le revers de la médaille

L'immigration clandestine des sportifs, le revers de la médaille

Depuis quelques années, de plus en plus de sportifs se tournent vers l’immigration clandestine. Un phénomène qui en dit long sur la situation du sport marocain.

En avril dernier, trois boxeurs marocains, Reda El Bouyahyaoui, Iliass Belemlih et Mohamed Abou Hamada, ont disparu dans la nature alors qu’ils devaient participer aux championnats du monde junior en Pologne. En 2019, le footballeur Hicham Kellouch, ancien international dans les catégories des jeunes, choisit lui aussi le Hrig, cette fois-ci dans une embarcation de fortune se dirigeant vers l’Europe. La même année, la vidéo du champion marocain de Taekwondo, Anouar Boukharsa, fait le tour de la toile. Le Marocain s’est  filmé traversant le large à bord du même type d’embarcation et jetant ses médailles à la mer. 

Un an plus tôt, en août 2018, c’est une footballeuse marocaine, Meriem Bouhid, qui profite d’un tournoi en Espagne pour s’évaporer. Elle est suivie un mois plus tard par un autre joueur de football, Ali Hababa, alors capitaine des Espoirs de l'Olympique de Safi qui quant à lui a voyagé à bord d'une embarcation. Et on n’oublie pas le destin tragique du très jeune Ayoub Moubarak, triple champion du Maroc de kick-boxing, qui a 21 ans seulement a perdu la vie en essayant de rejoindre clandestinement la rive espagnole.

Depuis 2018,  l’immigration clandestine des sportifs est montée en flèche. Et tous ces exemples ne sont que des cas parmi beaucoup d’autres. Des sportifs qui ont choisi l’Europe pour un meilleur avenir. Certains y sont parvenus d’autres y ont laissés leur vie. Mais tous ont été motivés par un seul objectif : un avenir meilleur pour eux et leur famille. Mais comment des personnes avec autant de talent, avec des médailles et des victoires en sont arrivées au point d’immigrer clandestinement ? Comment des sportifs de haut niveau ont-ils pu prendre de tels risques ?

Et bien, il semble que le désespoir était tellement grand qu’ils ont choisi de tenter leur chance dans un autre pays. Un pays qui leur offrira peut-être ce que le leur ne leur a pas donné. Parce que disons-le, pour qu’un sportif de haut niveau pense immigrer clandestinement, voire mettre sa vie en danger, il doit vraiment être dans une situation très précaire. Ce qui est le cas. Dans une de ses déclarations Anouar Boukharsa avait affirmé « j’ai subi toutes sortes d’injustices, au point que je me suis dit que mon parcours sportif ne servait plus à rien ». Triste constat, mais malheureusement vrai. Nombreux sont les sportifs qui, malgré des victoires et beaucoup de potentiel, ne trouvent ni soutien ni aide de la part des instances sportives. Et si certains ont la chance d’être « légalement » recrutées par d’autres pays, les moins chanceux n’ont de recours que l’immigration clandestine pour de meilleures opportunités. 

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Une situation très révélatrice de l’état du sport et des sportifs au Maroc. En effet, l’immigration clandestine en soi est grave, mais l’immigration de sportifs de haut niveau l’est encore plus. Pourquoi ? Parce que ce sont des sportifs de haut niveau. Des personnes porteuses de valeurs ajoutées. Des personnes qui soutenues pourraient apporter beaucoup au pays, et ce sur tous les plans. Et quand des personnes comme ça se tournent vers l’immigration clandestine, c’est qu’il y a une réelle faille au niveau de l’institution sportive nationale. Malheureusement, il semble que les instances ne soient pas encore conscientes de cela.  

Légende image principale: h24info.ma

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