Pourquoi l'auto-stop ?

Pourquoi l'auto-stop ?

Ou comment j'ai décidé de voyager d'une nouvelle manière

On vit au 21ème siècle, et peu de gens saisissent l’incroyable chance qui est offerte à eux. On a accès à Internet, on peut commander de l’électroménager chinois jusqu’à sa porte en moins de deux semaines, et on peut même regarder un match de cricket Inde-Pakistan en très haute définition en live. A l’époque du noir et blanc, les gens se disaient qu’après le troisième millénaire nous aurions des voitures volantes, des lunettes pour analyser la personnalité des gens devant nous (quoique ça commence à exister déjà), et que les Brésiliens allaient continuer à gagner la coupe du monde. Ils étaient quand même bien marrants les gens de l’époque.

Mais moi, je pense qu’un des meilleurs atouts de ce siècle est la démocratisation du voyage. Voyager est devenu plus facile et moins cher qu’un soda en terrasse parisienne. On peut pratiquement partir quand on veut, et où on veut sur la surface de la planète, en moins de deux escales. Globalisation et échanges culturels sont devenus abondants dans des pays qui étaient jadis coupés du monde extérieur. Cette facilité du voyage a fait que nous avons maintenant accès à plusieurs types de locomotions pour partir à la découverte du monde : avions, navires, bateaux-croisière, voitures, van Combo, vélo et même longboard. Tout cela est très « meh » à mon avis. J’ai donc décidé de choisir ma manière, et j’en fais ma marque déposée.  Mon moyen de locomotion est assez petit, pratique à transporter, et assez ergonomique. C’est mon pouce ! Oui, mon super-pouce qui m’a transporté à des milliers de kilomètres, sans jamais se fatiguer, ni consommer la moindre goutte d’essence (il est aussi très eco-friendly).

Wadi Rum, Jordanie 2018
Wadi Rum, Jordani 2018

On parle ici d’auto-stop. Oui, ces gens que vous voyez parfois sur le bord de la route, posés sous un soleil de plomb ou une pluie torrentielle, le pouce en l’air, et que vous vous dites « Mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ? Et pourquoi ils me font GOOD JOB ! avec la main ? ». Parfois ils portent un carton visible sur lequel est noté le nom d’une destination, et si vous l’avez bien compris, non ils n’en font pas la publicité, mais ils cherchent bien à y aller ! Alors maintenant, vous vous posez bien la même question que mes parents depuis des années, mais bon dieu pourquoi l’auto-stop ? Tu as besoin d’argent, je peux t’en prêter.  Non merci, ce n’est pas spécialement pour cela que j’ai choisi ce moyen de locomotion. L’auto-stop est une pratique aussi ancienne que la coupe de cheveux de Mo Salah (parfois on se demande vraiment s’il ne vient pas du temps des Pharaons le mec). En fait, elle date des premiers moyens de transports à quatre roues. Les road-trippers ont depuis envahi les routes de campagne et autoroutes du monde, partis pour la plupart en quête spirituelle.

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« Le plus important n’est pas d’aller d’un point A vers un point B, mais ce qui se passe ENTRE le point A et le point B »

Mais pourquoi l’auto-stop ? On en revient à cette question qui hante mes voyages. Tout simplement, en une citation : « Le plus important n’est pas d’aller d’un point A vers un point B, mais ce qui se passe ENTRE le point A et le point B ». C’est quand même plus facile à comprendre que le français de Ribéry ou l’anglais de François Hollande. « We can be do what we want to do » because I like hitchhiking! A mon humble avis, il n’y a rien de mieux pour découvrir un nouveau pays, une nouvelle région, qu’à travers ses locaux. Et quand on fait du stop, on prend le temps nécessaire pour partager du temps avec ces gens. On monte dans leur siège passager, et on vit une petite aventure avec chacun d’eux. Pour le temps de quelques kilomètres, j’écoute leurs visions des choses, les détails de leurs vies, leurs problèmes, leurs rêves et ce qui les tourmente. Et en même temps, je découvre les magnifiques paysages de leur pays/région, parsemés d’anecdotes, d’histoires, de mythes et pleins d’infos qu’aucun Lonely Planet ou Le Routard ne vous racontera. Et tout ça, gratuitement ! Oui, je ne le nierai quand même pas. C’est quand même bien de voyager zéro dirham quand on est étudiant.

Mais ce qui m’intéresse le plus dans le stop, c’est cet esprit aventurier, cette bouffée d’adrénaline, cette sensation de partir à la conquête de l’inconnu. Rencontrer des gens, mais aussi voyager hors des sentiers touristiques battus, pour découvrir la profonde beauté d’un pays. Pour moi, ça ravive l’esprit de voyage spirituel des grands expéditeurs de notre histoire : Marco Polo, Lewis et Clark, Stanley et Livingston, mais surtout Ibn Battuta. Vous imaginez ce dernier vivant au 21ème siècle ? Il serait quand même top 1 des comptes voyages suivis sur Instagram, et numéro un du podcast-trip sur Youtube.

Bienvenue alors dans cette nouvelle chronique, où on va parler culture de l’auto-stop, comment, quand et où, tout en revivant quelques-uns de mes périples. Mon super-pouce a à son compteur quelques 14.000 kilomètres, tous pleins d’anecdotes drôles et de mésaventures à partager. Venez découvrir cette aventure quasi-sportive qui pourrait changer votre vie. Oui, ça se mérite quand même, si on se poste à l’entrée d’une autoroute et qu’on attend pendant 5 heures qu’une voiture nous prenne : moi je vois persévérance, patiente, et courage, toutes les valeurs du sport non ? Ma tzappiwch !

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