Coronavirus : les salles de sports au fond du gouffre

Coronavirus : les salles de sports au fond du gouffre

Avec l'annonce des nouvelles mesures restrictives pour certaines villes du Maroc, les salles de sport se retrouvent une nouvelle fois dans une situation difficile.

La situation se complique au Maroc. Face à la montée en flèche des contaminations, les autorités se voient obligées de prendre de nouvelles mesures restrictives pour contenir la propagation du virus. Toutefois, ces mesures ont des répercussions sur plusieurs secteurs, surtout au niveau économique. C'est le cas notamment pour les salles de sport, dont la situation a été fortement impactée.

Ils sont des centaines à avoir été contraints à mettre la clé sous la porte par manque de moyens. Pour le peu de propriétaires qui ont pu résister les pertes économiques ont bien été ressenties. Depuis le début du confinement, la plupart des salles de sport ont perdu entre 30% et 50% de leur chiffre d’affaires. Et qui dit manque de moyens, dit baisse des dépenses. Par conséquent, plusieurs employés se retrouvent sur la sellette et risquent de perdre ou ont déjà perdu leur emploi. À Casablanca seulement, ils sont presque 10.000 personnes en situation précaire. "Remboursements de crédits, police d’assurance, loyer, masse salariale, etc, les propriétaires de salles n’arrivent plus à joindre les deux bouts. En l’absence de toute aide, beaucoup risquent de faire faillites", précise Samy Houiche, propriétaire de Gym Factrory (source : EcoActu).

Le problème est encore plus grave pour les salles de sport, puisqu'elles n'ont eu droit à qu'une reprise  de 1 mois et demi. En effet,  après un premier arrêt d'activité le 16 mars dernier en raison du confinement, elles ont repris leur activité à la fin du confinement pour finalement refermer le 20 août, soit 1 mois et demi après, notamment dans des villes comme Casablanca, Fès, Tanger, Témara et Kénitra.

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Pis encore, avec l'annonce de la réouverture, plusieurs propriétaires ont dépensé beaucoup d'argent pour préparer leurs locaux à accueillir les clients dans le respect des mesures sanitaires. Mais tout l'argent dilapidé n'a même eu le temps d'être amorti avec la très rapide refermeture. "Nous ne comprenons pas pourquoi les salles de sport sont toujours les premières visées par des décisions de fermeture, à chaque fois que le nombre de cas de contamination au Covid augmente", regrette, Mourad Belkamel,  président de l’Association Marocaine des professionnels de l’Industrie du Fitness et de la Remise en Forme (AMPIF). Et d'ajouter, "tous les établissements ont pris les précautions nécessaires durant la courte période de réouverture. Nous respectons scrupuleusement les règles d’hygiène et le protocole sanitaire édicté par le ministère de la Santé. Les espaces ont été réaménagés, les plannings bien programmés, les horaires respectés et les locaux et le matériel désinfectés de manière régulière." (Source : Médias 24)

Une situation chaotique dont la cause serait, selon l'AMPIF, un manque de communication et de visibilité de la part des autorités. En effet, comme l'ont démontré des exemples récents, plusieurs décisions concernant la pandémie ne sont annoncées qu'à la dernière minute. Ce qui ne laisse pas beaucoup de temps aux structures concernées pour s'organiser sur la base des nouvelles mesures, et empire davantage la situation. 

Aujourd'hui, l'heure est grave pour les salles de sport. Et l'AMPIF en est bien consciente. Pour faire entendre sa voix et celles de tous les professionnels du secteur, l'association a frappé à toutes les portes : le ministère de tutelle - ministère de la Jeunesse et des sports, les ministères de la Santé et de l’Intérieur, mais silence radio. Ce lundi 14 septembre, elle a également essayé de prendre contact avec les autorités locales de Casablanca, ville la plus touchée par le problème, à travers une lettre signée par 50 salles de sport, mais jusqu'à présent aucune réponse. Sur les réseaux sociaux, une campagne a été lancée sous le hashtag #openourgym, afin d'alerter les autorités de la gravité de la situation et les inciter à agir.

Maintenant, tout ce qui reste à faire, c'est d'attendre que les autorités réagissent pour venir aide ce secteur qui agonise depuis plusieurs mois. 

Légende image principale: lesiteinfo.com/

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