Danse classique : un art mais un sport d’abord !

Danse classique : un art mais un sport d’abord !

La danse classique, comme beaucoup d'autres pratiques artistiques, nécessite un effort physique considérable. Il conviendrait donc de considérer la danse classique comme un sport aussi.

    

Au-delà des sept merveilles du monde, la Renaissance italienne a donné naissance à d’autres qui continuent toujours de nous impressionner, notamment le ballet. Cette danse classique qui trouve ses origines dans le pays de la Dolce Vita mais qui s’est vite propagé dans d’autres pays européens. Un mélange dramatique de danses et de pantomimes qui enivre les sens. Certes, la danse classique est un art, mais il conviendrait aussi de considérer l’effort physique qu’il nécessite et le volet sportif qui en découle.

Comme la majorité des pratiques empruntées à l’occident, le ballet ou la danse classique au Maroc a trouvé sa place chez la classe aisée. Ceci n’est pas une règle, mais le constat est là. Les écoles privées et les salles de danse ne manquent pas et l’Etat montre sa considération pour cette discipline lui aussi. En 1944, le Conservatoire National de Musique et de Danse a vu le jour à Rabat. Cet institut offre une formation de 10 ans répartie en 3 cycles dans divers discipline à savoir le solfège, la danse classique, les instruments de musique, etc. Le certificat, appelé aussi « le prix d’honneur » que les élèves reçoivent après les dix ans, est un diplôme reconnu contrairement aux diplômes des écoles privées. En outre, il leur permet de donner des cours ou d’ouvrir une école de danse.

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Spectacle des élèves d'Artemesia Club au Théâtre National Med V

En dépit de la présence considérable des écoles et des salles de danses, le Maroc n’abrite pas de compétitions. Pourtant, les écoles donnent la chance à leurs élèves de se produire devant le public en offrant des spectacles. A Rabat, le théâtre national Mohamed V parraine pas mal de spectacles des troupes appartenant aux écoles privées. Sans oublier les spectacles qu’organisent ces écoles en fin d’année. Le Conservatoire National, quant à lui, n’offre pas de spectacles de ballet.

En effet, la danse classique pose problème dans un pays comme le Maroc. Le ballet est considéré à tort comme une discipline dédiée exclusivement aux filles. Les sociétés arabes sombrent dans leurs idées archaïques toute faites concernant les garçons qui dansent. Dès qu’on apprend qu’un homme fait de la danse classique, on remet en question sa sexualité. C’est tatoué dans la conscience collective.

Karim, un jeune danseur et lauréat de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturel, se confie à Outdooors « La danse n’appartient à personne, elle est donnée à tout le monde. Elle représente un monde à part, un monde qui permet de s’évader, de s’exprimer. Elle est ma passion, ma vie. Que je sois malade ou blessé, je danserai toute ma vie. D'ailleurs, la danse classique au Maroc, et je pense que c'est le cas pour les autres pays arabes, est vu d'un œil de mépris. Ça pose énormément de problèmes pour les filles, et pour les hommes comme moi, c'est encore pire. J'avoue que les choses commencent à changer, mais il y a toujours un manque à gagner ». Malgré la pression qu’il subit et les critiques qu’il reçoit de ses concitoyens, Karim décide de rabattre le caquet de ceux qui fulminent et continue de danser.

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