Édito: Messi, le meilleur joueur de l'histoire?

Édito: Messi, le meilleur joueur de l'histoire?

Alors que certains lui préfèrent Cristiano Ronaldo, d'autres n'hésitent pas à présenter Lionel Messi comme le meilleur joueur de l'histoire. Mais un tel jugement, aussi futile soit-il, mérite une réflexion assez longue selon trois critères. L'efficacité, le style et le leadership.

Lionel Messi aura finalement remporté son duel à distance avec Cristiano Ronaldo au sujet du titre de meilleur joueur de la décennie, l’argentin remportant 6 ballons d'or sur les 10 dernières années, contre 3 pour le portugais, faisant enfin taire les aficionados du numéro 7 de la Juventus de Turin.

En ce qui concerne le titre de meilleur joueur de tous les temps, c'est déjà une toute autre histoire. La concurrence est bien plus rude et les époques sont différentes. Sans parler du fait que ce type de jugement ou de classement ne fait pas réellement avancer le football, et encore moins le sport.

Mais, prêtons-nous à ce jeu pour le moins amusant et comparons la pulga à ses illustres ainés que sont, dans l'ordre chronologique, Pelé, Maradona, Cruijff et Ronaldinho.

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Pour commencer, référons-nous à l'efficacité, critère le plus objectif, à condition de savoir le relativiser et surtout, le contextualiser.

Pelé a marqué 1284 buts en 1374 matchs. Un résultat impressionnant même si le triple champion du monde n’a joué que dans les championnats brésilien et américain. Et, de plus, à une autre époque.

Johan Cruijff a inscrit 324 réalisations en 568 rencontres, mais a évolué dans les footballs hollandais et espagnol, plus huppés que ceux de son aîné brésilien.

Diego Armando Maradona a planté la bagatelle de 344 buts en 678 matchs, une statistique nettement plus faible que celle de ses devanciers.

Ronaldinho a scoré à 192 reprises en 509 parties.

Alors que Messi, dont la carrière n’est pas encore terminée a franchi la barre des 700 buts, scorant en moyenne plus d’un but par match, le meilleur ratio de l’histoire.

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Au niveau du style, Pelé avait un registre  complet et élégant et des qualités aussi technique qu'athlétique.

Johan Cruijff aura joué à 5 postes dans sa longue et fructueuse carrière, démontrant sa polyvalence, mais aussi sa science tactique. Et surtout sa vitesse phénoménale, atout qui l'a aidé dans sa capacité à éliminer n'importe quel adversaire direct.

Du haut de son mètre 65, le génie Maradona a passé toute sa carrière à ridiculiser ses adversaires, ses coups francs, sans puissance, martyrisant les plus grands gardiens du monde.

De son côté Ronaldinho, a carrément inventé des gestes footballistiques comme le contrôle du dos où la fameuse passe aveugle. Sa mauvaise hygiène de vie a largement entravé le succès de sa carrière que son talent méritait. Mais ce qu'il a apporté au ballon rond n'est franchement pas à dénigrer.

D'autant plus qu'il a couvé Léo Messi à ses débuts, le numéro 10 actuel du Barça, comparé dès son plus jeune âge à Cruijff et Maradona, empruntant les caractéristiques de l'un et rajoutant la finesse de l'autre. Mais il se distingue par sa vitesse d'exécution, sa redoutable précision et une vision scientifique du jeu.

Concernant le leadership, Pelé a toujours été le fer de lance d'équipes où il fut constamment bien entouré. La preuve est que le Brésil a remporté la finale de la Coupe du Monde 1962, en son absence.

Johan Cruijff a été le guide du football des années 70, emmenant la sélection nationale hollandaise en finale de la Coupe du Monde de 1974, mais sans parvenir à soulever le précieux trophée.

Ce que Maradona a réussi en 1986 avec une équipe assez modeste, à l'exception de Burruchaga et de Valdano. Ce qui démontre que son charisme est au minimum équivalent à l'ensemble de ses qualités techniques.

Ronaldinho n'a jamais eu le caractère pour insuffler le moindre état d'esprit à  ses coéquipiers.

Ce qui est également le cas pour Messi, même s'il dût se faire violence en 2010 lorsqu'il a été nommé capitaine de sa sélection par Maradona. Disposant d'une équipe un peu plus forte que celle de 1986, le meneur de jeu a conduit sa sélection en finales de la Coupe du monde et de la Copa America, mais sans le moindre succès.

Mais est-ce un problème de commandement ou un souci de communication ?

Quoi qu’il en soit, Messi risque fortement de ne jamais être champion du monde, ni même celui de l’Amérique du Sud. Une déception que ne pourra compenser tous les ballons d’or et les Ligues des Champions remportés. Et surtout, l’impossibilité, dans ces conditions de le considérer comme le meilleur joueur de l’histoire.

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