Kif-Kif Bledi, quand la danse rencontre le militantisme

Kif-Kif Bledi, quand la danse rencontre le militantisme

Promouvoir la culture maghrébine commune tout en préservant la singularité identitaire, c'est le travail que s'est fixée Kif-Kif Bledi. Portrait d'une troupe "visionnaire et humaniste".

Elles sont 7. Elles s'appellent Leï, Karolina, Zaïra, Tania, Hind, Hanane et Tassadit. Toutes issues d'une région différente du Maghreb, elles constituent la troupe de danse Kif-Kif Bledi. Leur objectif : faire connaitre la richesse de la culture arabo-berbère grâce à la danse. Un travail qui a  commencé à se concrétiser il y a plus de 4 ans. La troupe fait ses débuts timidement, sans aucune aide ni soutien financier. Elle se fait connaître par du simple bouche-à-oreille et via les réseaux sociaux. Et petit à petit, son travail commence à faire écho et à prendre de l'ampleur. Elle se produit dans plusieurs événements, des salons internationaux, des galas, etc.

C'est en 2016 que la troupe Kif-Kif Bledi a été créée. À l'origine de cette initiative, Raïssa Leï de son nom de scène, une danseuse et chorégraphe franco-marocaine. Elle lui choisit le nom de Kif-Kif Bledi, une appellation très significative. Kif-Kif en arabe signifiant "même chose", et Bledi "mon pays". Kif-Kif Bledi veut donc dire que, peu importe notre pays, nous sommes tous pareils, mais qu'en même temps nous avons notre propre identité. Et c'est cette idée à laquelle la fondatrice de la troupe tenait. 

Enfant d'immigrés, elle avait pour principale ambition de prouver que chaque individu, peu importe son origine, peut s’épanouir librement en préservant ses racines. C'est donc dans une logique de promotion de la diversité et de la richesse culturelle que la troupe a été créée. Une logique présente même au sein du groupe puisque chacune des danseuses est issue d'un pays différent : Algérie, Tunisie, Maroc, Liban, Iran et même Pologne, la troupe est aussi cosmopolite que les danses qu'elle présente. 

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C'est donc à travers cet art, la danse, que Kif-Kif Bladi s'exprime. À travers des spectacles, des prestations issues de la culture arabo-berbère auxquelles elle ajoute une pointe de modernité. Et c'est ce mélange entre authenticité et modernité qui donne à la troupe un caractère spécial et atypique.  Des danses marocaines, (Chaabi, Ahwach, danse chleuh, Reggada, Jabaliya…), aux algériennes (danses citadines, Aalaoui, Chaoui, danse kabyle…) en passant par les tunisiennes (danses bédouines, danses des îles, danses citadines…), leur répertoire est constitué d'un large éventail de danses issues d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient qu'elles essaient de revisiter à leur manière. "Mon objectif principal, c’était d’éduquer les gens sur les différentes danses d’Afrique du Nord, en particulier celles du Maghreb – parce que nous sommes en majorité d’origine maghrébine – mais sans verser dans le communautarisme"; avait déclaré Raissa Leï dans une interview pour l'Institut du Monde Arabe. Une ambition militante visible aussi dans les sujets abordés par la troupe, notamment la colonisation, les problèmes d'intégration des enfants d’immigrés ou des immigrés dans la société française ou encore le manque de représentativité.

Promouvoir la richesse de la culture et des traditions arabo-berbères communes tout en encourageant à s'ouvrir sur le monde et à revendiquer sa propre identité, tel est le chemin dans lequel se sont engagés les sept danseuses. Par leur troupe, elles ont réussi à traiter de manière ludique des questions profondément ancrées dans la société. Elles ont pu à démontrer que la danse n'est pas qu'une simple expression artistique. C'est moyen pour militer, véhiculer des messages mais surtout une fenêtre sur des mondes et des cultures jusque-là inconnus.

Légende image principale: kifkifbledi.com

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