La Tbourida, un sport ancestral

La Tbourida, un sport ancestral

Un cheval, une tenue traditionnelle et un fusil, ça vous dit quelque chose ? Oui, c'est bien de la Tbourida dont nous parlerons aujourd'hui.

Art pour certains, sport pour d'autres, la Tbourida en séduit plus d'un. Pratiquée depuis des années au Maroc, cette discipline équestre antique n'a nullement perdu de sa valeur. Pourtant même si on en parle peu, elle est pratiquée par un grand nombre de Marocains, surtout les tribus du monde rural marocain. Chacune compte au moins une troupe de Tbourida. On parle notamment de la région Tadla, Doukkala-Abda, Bni-Amir, Charquaoua, Lahmar, Rhamna, Bni-Ouarayn, Zemmour-Zair, Zayane et Bni Yznassen, Guelmim, Ait Baâmrane ou encore Al Haouz.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le mot Tbourida vient de "Baroud' qui signifie "poudre à canon".  La Tbourida ou Fantasia, appellation d'origine latine qui veut dire divertissement, consiste en une simulation d'un assaut militaire de guerriers arabes et berbères. Les cavaliers munis de leurs fusils et de leurs chevaux procèdent à une parade dans un spectacle des plus fabuleux.

La Tbourida est un art ancré dans nos traditions. C'est une partie de notre patrimoine culturel, une preuve de l'épopée arabe et berbère. Selon certaines sources historiques, elle daterait du XIIIe siècle. Cette pratique a même inspiré le célèbre peintre Eugène Delacroix, qui en a fait l'objet de ses tableaux pendant sa période orientaliste. 

PUBLICITÉ

Le spectacle se déroule sur une piste de 150 à 200 m de long, appelée Mahrak.  La troupe, Sorba, est composée de 11 à 15 cavaliers, à leur tête le Mokaddem, qui se place au centre. Il a pour mission de coordonner le mouvement entre les hommes et les chevaux. Le costume des cavaliers diffère d'une région à l'autre, mais ils doivent cependant obéir à un code vestimentaire précis : une tenue traditionnelle avec Caftan, Seroual, Selham, Rezza, Tmagh, qui sont des bottes équestres, un Dalil el khayrate, coran contenu dans un petit sac et un Khenjer. Bien sûr, chacun des cavaliers dispose d'un fusil pour pouvoir réaliser le tir final, clou du spectacle. Les chevaux ont aussi leur part de déguisement, communément appelé harnachement. Ils sont vêtus de matériel décoré traditionnellement. Les costumes ont pour but de restituer et rappeler les coutumes et traditions d'antan. Deux parties composent le spectacle de Tbourida : la Hadda où se fait le salut puis une prestation acrobatique avec les armes, et la Talqa, course qui se termine en apothéose avec un tir, à blanc, synchronisé. Les Barbes et les Arabes Barbes sont les chevaux les plus convoités en Tbourida.

Si cette pratique était jadis réservée aux hommes seulement, elle a depuis 2005 commencé à se féminiser. En effet, plusieurs femmes ont petit à petit envahi ce monde jusqu'à devenir Mokademat et créer leurs propres troupes à l'exemple de Hanane Boulhimz, ou encore Mounia Taârabet.

Chaque année, plusieurs événements de Tbourida sont organisés au Maroc. Ils se font le plus souvent à l'occasion de Moussems, fêtes nationales, agricoles, etc. Des compétitions sont également tenues pour désigner le meilleur des cavaliers. Celles-ci jugent en fonction de l’alignement, la qualité du départ, la tenue des cavaliers, le harnachement des chevaux, l’art dans l’exécution du jeu de fusil et la précision du tir.

Légende image principale: Source : Now Maroc

Vous avez aimé? Partagez :

À voir aussi sur Outdooors :

Ça pourrait t'intéresser :