L'arbitrage féminin, un avenir plus prometteur

L'arbitrage féminin, un avenir plus prometteur

Le 10 Octobre 2020, Bouchra Karboubi est devenue la première femme marocaine à arbitrer un match de la Botola Pro. Un événement qui a suscité de vives réactions quant à la situation de l'arbitrage féminin.

C'est une première dans l'histoire du sport féminin au Maroc. Le 10 octobre 2020 dans le cadre de la 30e et dernière journée de Botola Pro D1, c'est une femme qui a arbitré le match entre le Moghreb Athletic Tétouan (MAT) et l'Olympique Club de Khouribga (OCK). Bouchra Karboubi est ainsi devenue la première femme marocaine à arbitrer un match de la Botola Pro. Une avancée pour l'arbitrage féminin qui a encore du mal à trouver reconnaissance.

En effet, que ce soit au Maroc ou à l'étranger, les femmes arbitres se font très rares, encore moins pour des compétitions masculines. Le plus souvent, elles arbitrent des rencontres féminines ou, si elles arrivent à braver tous les obstacles, n'arbitrent que de petites compétitions masculines de moindre importance. Dans les deux cas, elles restent très minoritaires comparées à la gent masculine. En France par exemple, elles ne sont que 3 % dans les rangs de la Fédération française. Dans le football, sur près de 25 000 arbitres, seules 825 sont des femmes. 

Une situation qui est en grande partie le fruit de l'image que l'on se fait de la femme notamment dans le sport. En effet, beaucoup d'hommes ont encore du mal à se "faire superviser" par des femmes, encore moins dans un domaine où elles "n'y connaissent rien", ou estiment que celles-ci n'ont pas les compétences ou le poids requis pour s'imposer dans les rencontres. Dans des sports "purement masculins" comme le football, le basketball ou encore la boxe, la situation est encore pire. Entre commentaires sexistes et préjugés, les femmes doivent batailler pour se faire une place dans ce monde masculin où elles sont la plupart du temps mises à l'écart. Beaucoup d'entre elles affirment avoir souvent entendu au moins une fois des phrases du genre "retourne dans ta cuisine", "va faire la vaisselle". Nous vous épargnons le reste de l'arsenal des phrases clichées, misogynes et machistes utilisé. 

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Pourtant, et malgré tous ces obstacles, certaines femmes essaient tant bien que mal de s'imposer dans le domaine et y arrivent quand même. C'est le cas notamment pour l'arbitre française Stéphanie Frappart, première femme française à avoir atteint les plus hauts niveaux d'arbitrage en officiant dans la  Ligue 1, le championnat de France masculin de football. C'est aussi la seule femme à arbitrer en division d’honneur et la première à diriger des matchs de Ligue 2 masculine. Elle a également été au gouvernail du championnat de France de football en 2019.

Au Maroc aussi nous avons quelques guerrières. En plus de Bouchra Karboubi qui un franchi un cap le 10 octobre dernier, date coïncidant avec la journée nationale de la femme, et qui figure parmi les arbitres candidates à arbitrer les matchs des phases finales féminines de la Coupe du Monde 2023, nous pouvons également être fiers de Fatiha Jarmouni. Deuxième arbitre assistante lors de la même rencontre, la Marocaine avait en outre  marqué de sa présence la CAN masculine des U21 en novembre 2019 aux côtés d'une arbitre zambienne et d'une autre rwandaise.

Des noms ont également pu s'imposer en basketball, notamment celui de l'arbitre Shahinaz ou encore de Nezha Hanafi qui après une carrière de joueuse s'est reconvertie à l'arbitrage devenant la première dame arbitre du continent. 

Ces dames sont peut-être très peu nombreuses, mais leurs parcours démontrent que, même si le chemin est long et laborieux, avec beaucoup de patience et de persévérance, la femme arbitre peut arriver au plus hauts niveaux, et pourquoi pas à la coupe du monde.

Légende image principale: frmf.ma

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