Le bilan de la crise s'alourdit pour le monde du sport

Le bilan de la crise s'alourdit pour le monde du sport

Evénements annulés ou reportés, matches à huis clos, mesures très restrictives... Le coronavirus a chamboulé le monde du sport. Face à une situation dont nous ne connaissons toujours pas l'issue, le bilan s'alourdit...

Depuis le début de la pandémie, le sport est à l'arrêt dans le monde entier. Avec le report et l'annulation de plusieurs événements, c'est la paralysie totale. Aujourd'hui encore, nous n'avons toujours pas de visibilité ni sur l'avenir du sport, ni sur la probable fin de cette pandémie. Toutefois, si certains championnats ont réussi à reprendre, en l'occurrence la Bundesliga, les enjeux financiers restent énormes et impacteront fortement le secteur, à tous les niveaux. Pour le football par exemple, une seule soirée de matchs annulés peut engendrer des pertes de plusieurs dizaines de millions d’euros. D'après un rapport financier de la Direction nationale française du contrôle de gestion (DNCG), présenté le 11 mars, certains clubs à la fin de la saison 2018-2019 étaient dans une situation très difficile, notamment Marseille avec 91,4 millions d’euros de déficit, ou Bordeaux (25,7 millions) et Angers (11,3 millions). Pour d’autres – Caen, Dijon, Guingamp, - l’équilibre reste très fragile. Si en temps normal la situation était déjà assez délicate, qu'en sera-t-il maintenant ?

Ces problèmes financiers ne concernent pas le football uniquement. Le report des JO de Tokyo aura engendré un coût d'environ 2,5 milliards d’euros pour l’économie japonaise. Le tennis n'est pas en reste. Pour ce dernier cas, c'est surtout les compétitions les moins importantes qui vont en pâtir. Avec la modification de tout le calendrier, plusieurs tournois se retrouvent programmés à des intervalles très rapprochées, et donc pour éviter l'encombrement, les "petits" tournois seront annulés. Et ne se tiendront uniquement que les plus importants. Il s'agit notamment du Roland-Garros, prévu fin septembre. L'argent généré par l'évènement équivaut à 80 % des revenus de la Fédération française de tennis. C'est le seul tournoi qui permet de financer les ligues, les clubs et cadres techniques.

Le secteur marchand du sport se retrouve également dans une situation assez difficile. Selon une étude menée par l’Union Sport & Cycle, organisation professionnelle regroupant plus de 1500 entreprises françaises dans le secteur du sport : sur les premiers jours de cette crise sanitaire, 80% des entreprises du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité ont connu un recul important de leur chiffre d’affaires entre le 1er et le 13 mars. En moyenne, cette baisse a été chiffrée à  -14% mais pour un tiers des sociétés, ce recul est supérieur à 20%. 

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Pour ce qui est du Maroc, si toutefois aucun chiffre n'a été publiquement révélé, la situation ne reste pas moins meilleure. Et avec le prolongement du confinement, jusqu’au 10 juin 2020, une reprise des compétitions devient de moins en moins sûre. Certains clubs de football sont d'ores et déjà à l'arrêt. En effet, la majorité des clubs de la Botola a cessé les entraînements et les préparations, en particulier la D2 et les amateurs. Du côté des femmes, la situation est encore pire. Ni les joueuses, ni les entraîneuses, ni les autres membres du staff technique ne touchent de salaires. Et la reprise n'est pas du tout envisageable. Une  éventuelle reprise de la Botola est toutefois prévue en juillet, mais vu l'état actuel des choses, personne ne peut encore se prononcer définitivement.

En tout cas, si reprise il y aura, toutes les garanties et mesures de précautions doivent être envisagées. Le huis clos étant inévitable pour toutes les disciplines.

Légende image principale: liberation.fr

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