Le sport automobile au Maroc, une décennie de rêve.

Le sport automobile au Maroc, une décennie de rêve.

Le nouveau départ du sport automobile marocain.

Un sport d'élite par excellence, le sport automobile au Maroc a néanmoins un grand public de passionnés qui, par leurs efforts et leurs ferveurs, ont donné à cette discipline un nouveau souffle. Le sport automobile au Royaume a connu une décennie de rêve sur tous les plans.

 

Bien avant cette période, le Maroc avait une grande histoire en sport automobile. La date phare étant celle de 1958, l'année où le Maroc eut l'honneur d'organiser un grand prix de formule 1 à Casablanca, et plus précisément à la banlieue de Ain Sbaa à l'époque. En général, la discipline a connu une belle période dans les années 60 et 70 avant de sombrer dans l'inertie. Il fallait attendre jusqu'à la période entre 2008 et 2009 pour assister à l'essor de sports automobiles grâce à la famille Zahid et Ali Hourma, qui ont réussi à se rapprocher des dirigeants de la WTCC (Championnat du monde des voitures de tourismes) et ainsi fonder un grand projet qui va permettre la renaissance de la discipline. L'enjeu était de taille, il fallait d'abord construire un beau circuit digne de ce nom en une période de 9 mois. Défi relevé par ces hommes pleins d'ambitions qui ont réussi à accomplir cette prouesse en ... 8 mois. Le parcours fut baptisé "Le circuit International Automobile Moulay El Hassan". On est en 2009, année d'inauguration du parcours marocain dans la capitale ocre, une date très importante dans l'histoire de la discipline au Maroc.

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Le circuit International Automobile Moulay El Hassan est ce qu'on appelle un circuit automobile urbain temporaire, c'est à dire n'étant utilisé qu'à titre provisoire pour accueillir les compétitions des sports automobiles. Ce circuit qui emprunte les rues de Marrakech s'étend sur une longueur de 3 km. Ce parcours a été homologué Grade 2 par la FIA (Fédération Internationale de l'automobile) en Afrique, c'est à dire qu'il peut accueillir toutes les compétitions automobiles hormis la Formule 1. Ce circuit a accueilli jusqu'ici 3 genres de compétitions : la WTCC, la Formule E et l'Auto GP.

Les courses de la WTCC furent organisées au Maroc chaque année depuis 2009 (sauf en  2011) , et ont connu un grand succès. L'étape du Grand Prix de Marrakech était une des plus appréciées au championnat du monde. L'horizon est devenu plus large, et on a pensé à inclure aussi des étapes de l'auto GP. Ce qui s'est fait pendant la période 2012 et 2014. Mais le grand chapitre pour la discipline au Maroc était ouvert en 2016, année qui a connu l'organisation du premier grand prix de Formule E (pour véhicules propulsés par moteur électrique). Le prix est baptisé "ePrix Marrakech", une épreuve comptant pour le championnat du monde de Formule E FIA. L'édition de 2020 eut lieu le Samedi 29 Février dernier, l'épreuve a été remportée par le portugais Antonio Felix Da Costa.

Le développement de ce sport a permis la montée de Mehdi Bennani, le héro national et le meilleur pilote marocain jusqu'à aujourd'hui. Il a su - petit à petit-  marquer son empreinte, malgré la difficulté de la tâche qui était de jouer face à des experts appartenant à de grandes écuries qui ont une grande histoire derrière. Mais grâce à son talent et le soutien de sa famille, il a pu se frayer le chemin vers l'international jusqu'à réussir à se faire recruter par l'écurie Sébastien Loeb Racing, qui est lui aussi un grand vétéran de la discipline et un des meilleurs pilotes mondiaux. Le grand défi aujourd'hui est de rendre plus accessible cette discipline et former des jeunes pilotes pour garantir la continuité et l'évolution des sports automobiles au Maroc. L'espoir est là avec certains jeunes marocains tel que Michael Benyahia, pilote d'essai en Formule E chez Venturi Automobiles, et Sami Taoufik qui est devenu le plus jeune pilote à avoir été sacré champion d'Europe de Karting en 2017.  

Un début de décennie douteux ...

Si l'on s'autorise à être un peu superstitieux, on pourrait dire malheureusement que 2020 s'annonce comme une des plus pire années de l'histoire à l'échelle mondiale, et le sport automobile marocain n'a pas échappé à sa malédiction. En effet, après 10 années de bonheur avec le WTCR (Version nouvelle du WTCC), ce chapitre heureux se termine sur une note fâcheuse. Il n'y aura plus d'étapes de WTCR sur le sol marocain, et pour cause l'absence du pilote marocain dans la compétition. En effet, Mehdi Bennani ne pourrait pas être présent suite à l'abandon de l'écurie Volkswagen qui a décidé d'annuler toutes ses participations à des compétitions avec des moteurs thermiques. Et vu que le pilote marocain joue sous les couleurs de l'écurie Sebastien Loeb Racing qui courrait sur Volkswagen, il s'est donc retrouvé privé de volant. Et la présence de Mehdi Bennani est primordiale pour le déroulement de l'événement, comme le souligne Stéphane Roux, directeur du circuit Moulay El Hassan dans une déclaration relayée par le journal "L'économiste": "Nous avons tout articulé pendant des années pour disposer de plusieurs pilotes marocains. Malheureusement, Mehdi est le seul de ce niveau international d’un championnat du monde. À partir du moment où il n’a plus de volant et qu’il n’a plus ses soutiens, c’est compliqué pour nous, organisateurs, de promouvoir un événement sans Marocain. C’est compliqué aussi de trouver des partenaires à un mois et demi de l’événement. Il ne faut pas non plus se le cacher, le retrait de l’OCP (sponsor majeur de Mehdi Bennani) est également lié à l’annulation du Grand Prix de Marrakech". L'étape du Grand Prix de Marrakech est désormais remplacée par une épreuve en Autriche sur le circuit de Salzbourg.

Malgré ceci, le Maroc peut être fier de l'évolution du sport automobile et des réalisations qu'il a pu atteindre durant la dernière décennie, et qui lui ont permis d'être présent sur la scène mondiale. La Formule E se joue toujours au Maroc, et l'affaire du WTCR est suivie avec grand espoir. Le circuit de Marrakech est un circuit de Grade 2 qui pourrait accueillir d'autres compétitions comme la Formule 3 ou la GT. L'espoir est donc toujours présent pour encore une meilleure décennie de sport automobiles au Maroc.

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Légende image principale: https://fr.motor1.com

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