Les danseurs marocains, entre manque d'opportunités et faibles moyens

Les danseurs marocains, entre manque d'opportunités et faibles moyens

Le Maroc regorge de danseurs, non sans talents. Pourtant ces derniers peinent toujours à se frayer une place dans le monde professionnel, notamment aux côtés de chanteurs marocains.

La plupart de chanteurs marocains font appel à des danseurs étrangers pour leurs clips, show ou autres, c'est le constat relevé par beaucoup de personnes dans le domaine. Une situation dont les principales victimes sont les danseurs nationaux. Pourquoi donc ce choix pour l'étranger ? Pour le savoir, nous avons demandé à Anas, 28 ans, danseur moderne depuis plusieurs années. Pour lui, "ce choix se fait des fois automatiquement. Parce que tel ou tel artiste a fait appel à cette troupe, je dois l'intégrer également. Des fois, et c'est ce qui est le plus fréquent, on préfère travailler avec des danseurs étrangers plutôt que Marocains car faire appel à des étrangers, c'est une sorte de distinction et un plus pour le chanteur. Et quand bien même on ferait appel à nous la rémunération sera beaucoup moins importante. Dans les deux cas, c'est nous qui en payons les frais à la fin. D'ailleurs c'est le cas dans plusieurs autres secteurs mis à part la danse. La touche étrangère est synonyme de prestige". Des propos assez virulents certes, mais partagés par plusieurs autres danseurs. Ce qui en dit long sur la situation de la danse et des danseurs marocains. Pourtant, ce n'est pas le talent qui manque. Le Maroc a fait ses preuves et s'est imposé à plusieurs reprises dans des compétitions de danse tant au niveau national qu'international, toutes catégories confondues. La piste du "prestige et de la distinction serait-elle de mise" ? Pour répondre à la question et voir de l'autre côté de la rue, nous avons essayé de contacter quelques artistes marocains, mais silence radio. Nous n'aurons pas de réponse à notre question. Mais en tout cas une chose est sûre si telle est la raison, une sérieuse remise en question s'impose.

À l'heure même où la danse peine à trouver sa place dans l'échiquier aussi bien sportif qu'artistique au Maroc, encourager les talents nationaux et leur offrir plus de visibilité devrait être un geste spontané et allant de soi. Surtout dans un pays comme le nôtre, où la danse n'est pas appréciée à sa juste valeur. Un coup de pouce ne serait donc d'aucun refus. N'oublions pas que, fautes de moyens et d'opportunités, plusieurs danseurs se retrouvent obligés, soit de laisser tomber, soit d'immigrer à la recherche d'un meilleur avenir. Rares sont ceux qui arrivent encore à tenir et poursuivre leur passion jusqu'au bout.

Toutefois, nous remarquons tout de même que quelques initiatives en faveur de la promotion de la danse au Maroc ont été entreprises ces dernières années. Une des plus louables, est la création de l'agence "Ishtah". Cette dernière sert d'intermédiaire entre le monde de la danse et celui des entreprises ou particuliers en mettant à la disposition des producteurs de clips, d’émissions télévisées, de publicités ou autres des danseurs locaux spécialisés en hip-hop, en breakdance ou encore en Afro. En plus de cela, l'agence organise des formations et des stages dispensés par des professionnels internationaux au profit des personnes intéressées. L'objectif principal étant de professionnaliser mais surtout de revaloriser la discipline au sein du pays. De telles initiatives ne peuvent que promettre de belles choses pour les danseurs marocains, qui n'ont besoin que d'un peu de soutien pour percer. À bon entendeur.

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Légende image principale: bfmtv.com

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