Lil Zoo, le B-boy qui a choisi l'Autriche pour percer

Lil Zoo, le B-boy qui a choisi l'Autriche pour percer

Il est jeune et très talentueux. Il s'agit de Fouad Ambelj, alias Lil Zoo, le champion du monde de breakdance en 2018 et il est marocain.

Fouad Ambelj, alias Lil Zoo, est bien ce nous pouvons appeler une personne talentueuse. Originaire de Casablanca, ce jeune marocain est aujourd'hui l'un des meilleurs b-boys de la planète. Ses débuts remontent à 1993. À l'époque, le breakdance se résumait pour lui à des mouvements et acrobaties qu'il voyait et qu'il essayait de reproduire chez lui.  Petit à petit, Fouad commence à se perfectionner et intègre même une équipe appelée  LHIBA KINGZOO. Il enchaîne  ainsi les compétitions nationales se faisant quelques consécrations, mais dans l'ombre.

C'est le 14 septembre 2012 qu'il sort, plus ou moins, de l'ombre. Participant avec son équipe à la RedBull BC-ONE, il se retrouve en final Africa-MENA de la compétition et finit par décrocher le titre. Dès lors, l'ambition de Fouad grandit et son talent avec. Son nom commence à faire écho et les portes de compétitions internationales s'ouvrent à lui. Il parvient à représenter le Royaume à quatre reprises au championnat du monde.  Malheureusement, sa carrière ne décolle toujours pas. Ne disposant pas de moyens pour évoluer, le jeune homme reste bloqué. Surtout que la pratique du breakdance n'est pas très développé dans le pays.

Il décide finalement, en 2015, d'immigrer en Autriche, pays qui lui offre de plus belles opportunités. Les victoires se succèdent. Il devient le premier triple vainqueur d'un qualificatif Red Bull BC One Cypher avant de décrocher son vrai grâal en 2018. Cette année-là, il est sacré champion du monde dans la discipline, mais ce n'est pas en portant les couleurs de son pays mais plutôt celles.... de l'Autriche. En effet, après plusieurs tentatives pour évoluer au Maroc, Ambelj a fini par opter pour un choix rationnel, qui s'est avéré être plutôt une bonne idée, puisque ça lui a ouvert les portes de la professionnalisation.

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Rarement considéré comme sport au Maroc, le beakdance pâtit encore d'un manque de régulation. Aucune fédération dédiée, pas de salles spécialisées, ni aucune autre infrastructure pouvant favoriser son développement. Dans une déclaration à Redbull Fouad Ambelj avait affirmé : "Je suis certain que si j'étais au Maroc, je ne serais plus un B-boy. Là-bas, les gens ont une vision très particulière des breakers. Pour eux, ce qu'on fait n'a aucun sens. On n'y est pas traités comme des artistes, mais comme des gamins qui ne font rien". Parlant de l'Autriche, son pays d'adoption "il m'a tout donné et c'est que pour ça que je suis très fier de le représenter. Depuis que je suis arrivé en Europe, j'ai gagné plus de compétitions et fait de plus grandes choses. Au Maroc, j'avais la flamme intérieure, mais c'est tout. Ici, j'ai tout ce qu'il me faut pour travailler et travailler encore".

Un témoignage qui en dit long sur l'avenir de certains sports et sportifs au Maroc notamment ceux qui s'éloignent des "vraies disciplines". Taoufik Embelj n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Un exemple qui parle pour tous ces sportifs qui, soit on fait un choix rationnel et ont "sauvé leur peau", soit ont opté pour un choix du cœur et s'éteignent lentement dans un pays qui ne leur offre pas les opportunités qu'ils méritent. Un talent comme celui de Fouad Ambelj aurait très bien pu être exploité par son pays pour en faire un champion marocain non pas celui d'un autre pays. À bon entendeur...

Légende image principale: redbull.com

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