Performances sportives : les femmes sont-elles le "sexe faible" ?

Performances sportives : les femmes sont-elles le "sexe faible" ?

Vous le savez peut-être, il y a une différence entre les hommes et les femmes dans les épreuves sportives de haut niveau. Entre ceux qui crient à la discrimination et ceux qui avancent des arguments biologiques, la question fait débat.

"Les hommes sont plus forts que les femmes", c'est une phrase qu'on entend très souvent et qui est pour la plupart admise. Une phrase confortée au sein même des compétitions puisqu'il y a une catégorisation sexuée des épreuves de haut niveau. Les épreuves féminines étant "moins difficiles". Et si beaucoup considèrent cela comme sexiste et renforçant encore plus la bicatégorisation sexuée du monde, figurez-vous qu'il se cache bien une explication scientifique derrière tout cela.

Des différences au niveau de la physiologie

Les hommes et les femmes sont bien différent physiologiquement. Et certains facteurs peuvent impacter les performances sportives. Le premier facteur pouvant être à l'origine de l'écart est la VO2max qui renvoie au volume maximal d'oxygène consommé pendant un effort.  C'est un des indices de la capacité cardiorespiratoire du sportif. Plus la VO2 max est élevée, plus le corps est capable d'utiliser de l'oxygène afin de produire de l'énergie et plus la personne a de chances d'être performante dans les sports d’endurance. Or, si l’on calcule cette VO2max, on obtient en moyenne 45-50 ml/mn/kg pour les hommes et 35-40 ml/mn/kg pour les femmes. Une différence dont la principale cause est la quantité d’hémoglobine dans le sang, inférieure chez la femme. Ces dernières ont donc une capacité moins grande à emmagasiner et transporter l’oxygène.

Le deuxième facteur à l'origine de l'écart est la FC Max, Fréquence Cardiaque Maximale. Elle correspond au nombre maximum de battements que le cœur peut réaliser en une minute. Chez les femmes, le rythme cardiaque atteint en moyenne 174 pulsations/min alors que chez les hommes la valeur est de 169 pulsations/min pour un même exercice donné. Les femmes atteignent donc leur fréquence cardiaque maximale plus vite.

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Le troisième facteur avancé par les scientifiques est le seuil anaérobie qui  représente une zone de transition entre des efforts longs et des efforts intenses, à partir de laquelle les lactates s’accumulent dans le sang. C’est la zone dans laquelle il devient difficile de poursuivre l’effort au-delà de 30 min. Plus ce seuil est situé à un haut pourcentage de VO2max, plus on est capable de prolonger l'effort. Or, pour une puissance donnée, les femmes travaillent à un pourcentage plus important de leur VO2max que les hommes. Par conséquent, leur seuil apparaît plus tôt étant donné que leur taux de lactates est plus important. Toutefois,  plusieurs études ont démontré que les femmes avait une meilleure résistance à la fatigue que les hommes.

Le quatrième facteur pouvant entrer en considération est la masse musculaire. Comme tout le monde le sait, la testostérone est beaucoup plus présente chez les hommes que les femmes. Cette hormone joue un rôle anabolisant pour l'homme en favorisant la formation de masse musculaire, alors que chez les femmes, l'œstrogène et la progestérone augmentent la masse grasse. Celle-ci est en moyenne de 20% pour une femme contre 13% pour un homme. La masse musculaire constitue quant à elle 35% de la masse totale d’un homme contre 28% chez la femme. Les hommes seraient donc plus favorables au développement d'une force musculaire. 

Les femmes, le sexe faible ?

Tout ce que nous avons vu plus haut porte à croire que les femmes seraient et resteraient à jamais le "sexe faible", le "deuxième sexe", pour reprendre l'expression de Simone De Beauvoir. Mais, envisager cela serait une aberration. Certains chercheurs sont allés jusqu'à dire que les différences physiologiques entre les hommes et les femmes auraient aussi des origines culturelles. Étant privées de nourriture protéinée, symbole de virilité, en particulier de viande, la masse musculaire et osseuse des femmes se serait, au cours des millénaires, moins développée que celle des hommes. Cette hypothèse reste toutefois sujette de débat au sein de la communauté scientifique. 

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En tout cas une chose est sûre, les différences physiologiques sont là. C'est un fait. Mais ce n'est pas une fatalité. Autrement dit, les femmes peuvent, comme les hommes, s'adonner à toutes les activités sportives et y exceller, et même dépasser leurs homologues masculins. Et comme l'a si bien exprimé Aïna Chalabaev, enseignante-chercheuse UGA en psychologie sociale du sport, directrice du laboratoire Sport et environnement social (SENS). "Les hommes sont plus performants… Oui, mais en moyenne ! La variabilité n’est jamais prise en compte alors qu’elle devrait l’être". Les différences sont valables dans la plupart des cas, mais pas dans tous les cas ! Autrement dit, il ne faut pas généraliser. Il existe des hommes plus performants que des femmes comme il existe des femmes plus performantes que des hommes. Allissa Saint Laurent en est le parfait exemple. Cette Canadienne est devenue la première femme remportant l'Ultra Marathon de la Mort au Canada en 2015, un ultra-marathon de 125 km à travers les Rocheuses. Saint Laurent est arrivée 90 minutes avant le deuxième coureur solo... un homme.

 

 

 

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Légende image principale: fitadium.com

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