Skateboard au Maroc, ça roule ?

Skateboard au Maroc, ça roule ?

Pratique typiquement américaine, le skateboard a depuis quelques années envahi le royaume. Pourtant, bien que cette activité commence à faire de plus en plus d'adeptes, elle pâtit encore d'un manque de régulation.

C'est à la fin des années 80 que la culture skatboard est apparue au Maroc. Mais c'est à partir des années 2000 que de plus en plus de skateparks sont construits, notamment après le discours royal du 18 mai 2005 pour le lancement du programme de l’INDH qui avait pour but d’aider les jeunes et surtout la classe la plus défavorisée.

Des problèmes à en revendre et des carrières qui tournent court

Aujourd'hui, la discipline compte de très nombreux adeptes dans tous les coins du royaume. Plusieurs villes ont été aménagées pour accueillir des skateparks, à l'exemple de Rabat, Casablanca, Tanger ou encore Agadir. Seulement, malgré la présence d'espaces pour l'exercice de cette activité, plusieurs problèmes sont relevés. Aucun appui financier, manque d'infrastructures et de régulation, absence d’encadrement et de professionnalisation pour d’éventuelles participations aux compétitions internationales, problèmes de sponsoring, la discipline a toujours du mal à trouver son équilibre au Maroc. S'ajoute à cela un problème de sécurité, étant donné que les espaces dédiés à la pratique sont également ouverts au grand public. Chose qui peut poser problème pour les skateurs et les usagers. Anas, jeune casablancais de 18 ans qui pratique le skateboard depuis 2 ans, déplore cette situation. "C'est un ami qui m'a initié au skateboard. Aujourd'hui je ne peux plus m'en passer. Malheureusement, bien qu'on ait des endroits où pratiquer, il y a encore beaucoup de choses à faire. J'ai contact avec des amis skateurs à l'étranger et je vois que l'environnement pour pratiquer est totalement différent. C'est dommage parce qu'il y a beaucoup de compétences au Maroc qui ont juste besoin d'un coup de pouce". Un avis partagé par la plupart des skateurs marocains. Face à ce lot d'obstacles, beaucoup finissent par abandonner leur passion et, qui sait, peut-être une éventuelle carrière dans le domaine.

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La FRMSU, sauveuse de la discipline ?

Toutefois, il en va de notre devoir de parler des efforts fournis par la Fédération Royale Marocaine des Sports Urbains et Sports Similaires (FRMSU). Après avoir été un Comité national, la fédération, créée le 26 octobre 2017, a initié et encouragé plusieurs compétitions nationales à l'exemple du festival national des sports urbains et du festival national des sports extrêmes. Elle a également réussi à avoir le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports et du Comité Olympique Marocain pour l'accompagner, aux niveaux technique, logistique et financier, à la constitution et la formation d'une sélection nationale des sports urbains (Skateboarding JO). À savoir que le skateboard sera présent pou la première fois comme discipline à part entière aux Jeux olympiques de Tokyo 2020. 

Des champions internationaux

Malgré tous les problèmes qui entravent son évolution au Maroc, le skateboard a quand même pu faire des champions internationaux. Il s'agit d'Anass Ziadi, triple champion du monde et 18e au rang mondial en skateboard en 2017, Nassim Lachhab, double vainqueur de la Coupe d’Ottawa ou encore Yassine Boundouq. Ce dernier, surnommé "Moultawa", est sponsorisé par les grandes marques Loaded Board et Orangatang wheels. Il vit actuellement aux Etats-Unis en donnant des cours de skateboard, tout en étant photographe et vidéaste pour son propre compte.

Légende image principale: Source : batal.ma

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